Le casier judiciaire et les procédures de radiation des listes de membres d’un ordre professionnel : quelle est la portée juridique ?

Le casier judiciaire constitue un enjeu majeur pour les professionnels souhaitant intégrer ou demeurer membres d’un ordre professionnel. Dans cette perspective, il convient de s’interroger sur la portée juridique des procédures de radiation des listes de membres d’un ordre professionnel en lien avec le casier judiciaire.

Le casier judiciaire : rappel et incidence sur l’accès aux ordres professionnels

Le casier judiciaire est un registre national qui recense l’ensemble des condamnations pénales prononcées par les juridictions françaises à l’encontre d’une personne. Il permet ainsi de retracer l’historique des infractions commises par un individu et constitue un outil essentiel pour évaluer sa moralité et son aptitude à exercer certaines professions réglementées.

L’accès à un ordre professionnel peut être conditionné à la présentation d’un extrait de casier judiciaire, généralement le bulletin n°2, qui ne mentionne pas les condamnations effacées par une réhabilitation ou celles prononcées avec sursis simple. Cette exigence répond à une volonté de préserver la déontologie et la réputation des professions concernées, en veillant notamment à écarter les personnes ayant fait l’objet de condamnations incompatibles avec l’exercice de leurs fonctions.

Les conditions de radiation des listes de membres d’un ordre professionnel

La radiation des listes de membres d’un ordre professionnel peut intervenir dans plusieurs situations liées au casier judiciaire. En effet, selon les textes régissant chaque ordre, la condamnation pour certains crimes ou délits peut entraîner la radiation automatique ou discrétionnaire du professionnel.

Ainsi, la radiation automatique a généralement lieu lorsqu’une personne est condamnée à une peine d’interdiction définitive d’exercer sa profession ou lorsqu’elle est frappée d’incapacité pénale. La radiation discrétionnaire, quant à elle, intervient lorsque le conseil de l’ordre estime que la gravité des faits reprochés et la condamnation prononcée justifient une telle mesure. Dans ce cas, le professionnel concerné doit être informé des motifs de la radiation et dispose d’un droit de recours devant les juridictions compétentes.

La portée juridique des procédures de radiation

La radiation des listes de membres d’un ordre professionnel en raison du casier judiciaire présente une portée juridique importante. Elle constitue en effet une atteinte à la liberté d’exercer une profession et peut avoir des conséquences lourdes pour le professionnel radié, tant sur le plan financier que sur celui de sa réputation. C’est pourquoi les procédures de radiation sont encadrées par des garanties procédurales et des voies de recours.

En premier lieu, la décision de radiation doit être fondée sur des motifs sérieux et légitimes, liés à la nature des faits reprochés et à leur incompatibilité avec l’exercice de la profession. Le conseil de l’ordre doit procéder à une appréciation au cas par cas, en tenant compte notamment de la gravité des infractions, des circonstances entourant leur commission, ainsi que du comportement du professionnel depuis les faits.

En second lieu, la décision de radiation doit respecter le principe du contradictoire, c’est-à-dire que le professionnel concerné doit être informé des griefs qui lui sont reprochés et avoir la possibilité de présenter sa défense. Il dispose également d’un droit de recours devant les juridictions administratives ou judiciaires compétentes pour contester la légalité et le bien-fondé de la radiation.

La réhabilitation et l’effacement du casier judiciaire

Pour les professionnels radiés en raison de leur casier judiciaire, il est possible d’obtenir une réhabilitation qui permet d’effacer les condamnations inscrites sur leur casier. La réhabilitation peut être accordée soit par le juge pénal (réhabilitation judiciaire), soit par le laps de temps (réhabilitation automatique) si aucune nouvelle condamnation n’a été prononcée pendant un certain délai.

En cas de réhabilitation, le professionnel peut demander sa réinscription sur la liste des membres de l’ordre concerné. Toutefois, cette réinscription n’est pas automatique et est soumise à l’appréciation du conseil de l’ordre, qui doit vérifier si les conditions d’accès à la profession sont de nouveau remplies et si le comportement du professionnel depuis sa radiation ne fait pas obstacle à son exercice.

En conclusion, le casier judiciaire joue un rôle crucial dans l’accès et le maintien des membres au sein des ordres professionnels. Les procédures de radiation en lien avec ce registre sont encadrées par des garanties procédurales et juridictionnelles pour préserver les droits des professionnels concernés. La réhabilitation et l’effacement du casier judiciaire offrent une seconde chance aux professionnels radiés, mais leur réinscription demeure soumise à l’appréciation des instances ordinales.

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